Pierre-Antoine Cousteau

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Pierre-Antoine Cousteau, surnommé « PAC », né le 18 mars 1906 à Saint-André-de-Cubzac et mort à Paris le 17 décembre 1958, est un auteur et un journaliste français.

Pierre-Antoine Cousteau avec Maurice Bardèche

Biographie

Pierre-Antoine Cousteau est né le 18 mars 1906 à Saint-André-de-Cubzac.

Il passe une partie de sa jeunesse aux États-Unis d’Amérique, son père, avocat international, travaille avec un riche américain.

Il y retournera uniquement après son service militaire, y écrivant un pamphlet, publié bien plus tard en 1942 :L’Amérique juive. Il débute au quotidien «Journal» en 1930, dont il devient secrétaire de rédaction, puis chef de la politique étrangère.

Il écrit aussi pour Je suis partout à partir de 1932, et s’y fait remarquer par son ironie polémiste. Entre 1934 et 1936, il se détache du milieu de la gauche pacifiste, par refus du bellicisme antifasciste. Il se rendra en Espagne près de la ligne de front, en 1936, pour soutenir la cause nationale. Il assiste au congrès de Nuremberg de septembre 1937, en compagnie de Robert Brasillach.

Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier en juin 1940, près de Toul. Malgré l’intervention de ses amis, PAC, comme on le surnomme, n’est libéré qu’en septembre 1941. Son frère, qui a rejoint De Gaulle, l’appelle à lui, sans succès. Il reprend sa place à Je suis partout, et devient aussi rédacteur en chef adjoint de Paris Soir.

Après le départ de Robert Brasillach, PAC devient le directeur politique de Je suis partout le 1er octobre 1943. Refusant de se « dégonfler », il se lance dans une « collaboration totale ».

Cousteau devient aussi SS honoraire, en adhérant au comité d’honneur de la Waffen-SS.

Réfugié en Allemagne en août 1944, il se met à la disposition du Parti populaire français. Avec Hérold-Paquis et Loustau-Chartez, il rejoint Roger Algarron, directeur des émissions en langue française de Radio-Patrie. PAC est arrêté en Autriche après la guerre.

Jugé et condamné à mort le 23 novembre 1946 par la Cour de justice de Paris, malgré le témoignage de son frère, venu témoigner à décharge, et portant médaille de la Résistance.

Après cinq mois de chaînes, sa peine est commuée le 10 avril 1947 à la détention perpétuelle. Il est interné à la centrale de Clairvaux.

Libéré le 25 mars 1954, il échappe à la misère en travaillant pour L’Écho de la Presse et de la Publicité, de Noël Jacquemart.

Il collabore aussi à Lectures françaises et Rivarol.

Pierre-Antoine Cousteau meurt à Paris le 17 décembre 1958.

Il confie à son ami Lucien Rebatet son testament. Rivarol publie le texte quelques jours après sa mort :

« Je tiens à ce qu’en aucune manière on ne laisse supposer que j’ai pu affronter la mort dans d’autres dispositions philosophiques que celles qui ont toujours été les miennes, c’est à dire un agnosticisme total. Je tiens essentiellement à n’être présenté ni comme une victime des événements, ni comme un innocent. Si j’ai adopté en 1941 une attitude de collaboration, ce ne fut pas pour limiter les dégâts, sauver les meubles ou par quelque calcul relevant du double jeu. C’est parce que je souhaitais la victoire de l’Allemagne, non parce qu’elle était l’Allemagne, mais parce qu’elle représentait à l’époque, « avec tous ses crimes », la dernière chance de l’homme blanc, alors que les démocraties, « avec tous leurs crimes », représentaient la fin de l’homme blanc ».

Ses souvenirs, En ce temps-là, ont été publiés à La Librairie Française en 1959.

Texte à l'appui

Pierre-Antoine Cousteau.png

Publications

  • L'Amérique juive, Paris, Les Éditions de France, 1942.
  • Les Grandes Mystifications du siècle, Paris, Les Éditions de France, 1943.
  • Hugothérapie ou Comment l'esprit vient aux mal-pensants, Bourg, Éditions Touristiques et Littéraires, 1954 (rééd. Via Romana, 2015).
  • Mines de rien ou Les grandes mystifications du demi-siècle (préf. Lucien Rebatet, ill. Ralph Soupault), Paris, Éditions Touristiques et Littéraires, 1955.
  • Après le déluge : pamphlets, Paris, La Librairie Française, 1956.
  • Les Lois de l'hospitalité, Paris, La Librairie Française, 1957.
  • En ce temps-là, Paris, La Librairie Française, 1959.
  • Dialogue de vaincus (prison de Clairvaux, janvier-décembre 1950}, texte inédit présenté par Robert Belot, (avec la collab. de Lucien Rebatet), Paris, Berg International, 1999.
  • Proust digest, posthume, préf. Lucien Rebatet, Paris, Via Romana, 119 p., 2014.
  • Intra muros, posthume, préf. de Ghislain de Diesbach, Paris, Via Romana, 486 p., 2017.
  • Pensées et aphorismes, posthume, avant-propos de Jean-Pierre Cousteau, préf. Xavier Éman, Paris, La Nouvelle Librairie, coll. Éternel Retour, 122 p., 2021.

Bibliographie

  • Jean-Pierre Cousteau, Pierre-Antoine, l'autre Cousteau, Via Romana, 2016, 390 p.
  • Benoît Loeuillet, Pierre-Antoine Cousteau: un journaliste engagé (1932-1944), Diffusion et éditions Henry Coston, 2001, 192 p.

Citations

  • « L'ennemi me traitait de fasciste bien avant que j'eusse l'audace d'arborer cette étiquette. L'ennemi avait raison. Un jour j'ai fini par en convenir. Et de convenir, comme cela, de bien d'autres choses dont je ne me rendais pas un compte exact et que l'ennemi m'a révélées. Dans une large mesure, c'est à l'ennemi que je dois d'avoir pris conscience de moi-même. Parce que l'invective est toujours beaucoup plus riche de vérité que l'apologie. ». Intra Muros
  • « Les Français n’ont ni le sens de la fraternité ni le goût de la liberté, mais ils ont la passion de l’égalité, c’est-à-dire qu’ils n’ont point de délectation plus grande que d’abaisser ce qui les dépasse. » Pensées et aphorismes