Anne de Boulainvilliers

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Anne de Boulainvilliers, marquis du même nom (1658-1722), est considéré comme le premier auteur ayant théorisé les différences raciales.

Biographie


Il fut militaire de carrière jusqu’en 1697, puis il devint historien. Il fut le premier à analyser l’histoire des institutions françaises et à considérer l’art de gouverner comme une science.

Thèses


Anne de Boulainvilliers fut un ardent défenseur du système féodal, le seul, à ses yeux, juste, légitime et conforme à la réalité historique. Il fut le principal représentant du courant idéologique de réaction féodale au XVIIIe siècle qui a envisagé les institutions médiévales comme une république fédérative et aristocratique, plutôt que monarchique. Selon ses thèses, la noblesse française descendait des conquérants francs établis en France à la chute de l’Empire romain et le Tiers état des Gaulois. Les seigneurs francs étaient, à ce titre, indépendants et libres de faire justice à leurs sujets sans interférence de la part du roi, simple magistrat civil choisi afin d’arbitrer les disputes entre individus. Tous les membres de la noblesse étaient donc, comme tels, sur un pied d’égalité avec le roi, simple « primus inter pares ».

Boulainvilliers tenait la monarchie française pour responsable du déclin progressif des privilèges de la noblesse.

Il faisait remonter le début de ce déclin aux Croisades pour lesquelles nombre de nobles auraient hypothéqué ou vendu leurs honoraires à des plébéiens aisés. En s’introduisant, à cette occasion, dans la noblesse, ceux-ci, qu’il qualifiait d’« ignobles », la corrompirent.

Ensuite, l’ignorance et la négligence des seigneurs rendant la justice les forcèrent à se décharger des fonctions judiciaires dont ils étaient les dépositaires légitimes sur des clercs et des juristes, la dignité intrinsèque à ce rôle rendant bientôt ceux-ci aussi importants que ceux au nom desquels ils rendaient la justice. Boulainvilliers considérait la nouvelle « noblesse de robe » née de cette circonstance comme une « monstruosité ».

Il y avait enfin la politique de la monarchie capétienne qu’il considère comme le fossoyeur du féodalisme. Les Capétiens affaiblirent d’abord le pouvoir de la noblesse française éblouie par le brillant de la cour en ajoutant de grands fiefs au domaine royal. En résultat, les rois assumèrent une importance jusque-là inconnue d’eux et bientôt entièrement disproportionnée. Les seigneurs seraient alors devenus les serviteurs de ceux dont ils avaient été les pairs. L’admission aux rangs de la noblesse de bureaucrates plébéiens qui n’y avaient nul droit puis celle du Tiers état aux Etats généraux aurait, selon lui, achevé de consommer le renversement de la noblesse.

Cette réaction contre l'alliance entre le monarque absolu et le Tiers état fait de lui un antinational, quand l'idée de nation, fondée sur l'égalité des droits, était ressentie comme révolutionnaire.

En posant une spécificité raciale à l’aristocratie, Boulainvilliers a été le premier à élaborer une théorie des classes. Bien que le caractère radicalement inégalitaire sur lequel il adosse la supériorité de l’aristocratie repose sur « le droit de conquête et le besoin de soumission toujours dû au plus fort » et qu’il parle toujours non de races mais d’individus, de « droit du plus fort » et non de caractéristiques biologiques de groupe, la distinction raciale à laquelle il s’est livré a néanmoins ouvert la voie à une pensée racialiste. Ses œuvres ne furent publiées en Hollande qu’après sa mort et furent interdites en France.

Influence


L'influence de Boulainvilliers sur l'aristocratie française était forte à la veille de la Révolution. Dubuat-Nançay, dans ses Origines de l'Ancien Gouvernement de France, de l'Allemagne et de l'Italie publiées en 1789, reprenait ses thèses antinationales pour en appeler à la création d'une sorte d'internationale de l'aristocratie d'origine barbare.

Les émigrés contribuèrent à la diffusion des ces idées en Europe, notamment dans les états allemands, puisque les origines de la noblesse française étaient supposées identiques à celles de la noblesse allemande.

On trouve en négatif des traces de ces thèses dans le pamphlet Qu'est-ce que le Tiers-Etat ? : Siéyès y invite en effet le Tiers à "renvoyer dans les forêts de Franconie toutes les familles qui conservent la folle prétention d'être issues de la race des conquérants et d'avoir succédé à des droits de conquête."

C'est au comte de Montloser que l'on doit l'infléchissement des idées de Boulanvilliers vers le racisme, lorsque, après Valmy, les nobles ne pouvant plus fonder leur supériorité sur la conquête, le droit du plus fort ou la fortune des armes, il avança l'idée d'une race germanique supérieure au "nouveau peuple né d'esclaves, [mélange] de toutes les races et de tous les temps."

Cette identification des classes dominantes à des races supérieures se retrouve ensuite chez les historiens français du XIXe siècle tels qu'Augustin Thierry, qui distingue "noblesse germanique" et "bourgeoisie celte", ou Charles de Rémusat, qui postule l'origine germanique de toute l'aristocratie européenne.

En 1871, Bismarck remarqua pour expliquer le défaite française ; "La révolution de 1789 fut le renversement de l'élément germanique par l'élément celte, et que voyons-nous depuis ?"

Bibliographie


  • Renée Simon, À la recherche d’un homme et d’un auteur. Essai de bibliographie des ouvrages du comte de Boulainvilliers, Paris, Boivin, 1941
  • Renée Simon, Henry de Boulainvilliers. Historien, politique, philosophe, astrologue 1658-1722, Paris, Boivin, 1941
  • Renée Simon, Un révolté du grand siècle, Henry de Boulainvilliers, Garches, Nouvel humanisme, 1948.