Foibe yougoslaves
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Ces gouffres furent au cours des siècles utilisés pour éliminer les cadavres d'animaux et aussi pour y cacher les victimes de nombreux massacres. Elles servirent en particulier vers la fin de la deuxième guerre mondiale lors de l'occupation yougoslave (titiste) de la ville et des régions du nord-est de l'Italie, et furent le théâtre d'éliminations massives de Croates dans tout le pays. Des milliers de personnes y ont été assassinées, le triste record étant détenu par la terrible Foiba de Yazovka près de Zagreb avec ses dix mille victimes.
[modifier] Localisation
Les gouffres karstiques verticaux se trouvent presque partout dans les régions où dominent les calcaires épais. Par exemple dans les Alpes, en Espagne, dans le Taurus (en Turquie) etc. Pourtant, c'est surtout en ex-Yougoslavie que ces gouffres verticaux ont été intensément utilisés pour des massacres génocidaires. Grâce à la démocratie italienne, les plus connus se trouvent dans la province de Trieste et dans certaines zones de Slovénie (ayant appartenu autrefois à la région italienne de Vénétie julienne). Les Foibe à ossuaires sont encore plus nombreuses dans de nombreuses zones de l'Istrie et de la Dalmatie ; les plus grandes, situées en Croatie centrale, étaient encore tout récemment ignorées du fait de tabous politiques et idéologiques.
[modifier] Technique des massacres
Les foibe furent, au cours des siècles, depuis les invasions turques, le théâtre de nombreuses tragédies, en particulier vers la fin de la deuxième guerre mondiale. Concernant les Italiens tués en Istrie, le nombre de morts fut relativement "modéré", s'élevant à quelques dizaines de morts pour chaque foiba.
En Dalmatie et Croatie centrale, ce furent de véritables orgies nécrophiles et sadiques, incluant castrations et amputation des seins, assassinats rituels, balancement des corps dans une foiba, recouvrement de ceux-ci de chaux vive, puis effacement des traces par des amoncellements de pierres, parfois au moyen d'explosifs, voire par le remplissage méthodique des foibe devenues ossuaires par des dépots d'ordures, ce afin de provoquer la disparition de tout corpus delicti. Par ce procédé on put faire disparaitre dans une seule foiba plusieurs milliers de victimes. Ces abus "foibistes" parurent trop extrêmes même à Joseph Staline, qui ordonna à Tito en 1948 l'arrêt brutal de la pratique des foibe.
[modifier] Pendant la deuxième guerre mondiale
Des milliers de personnes, d'abord des Italiens puis des Croates, 17.000 individus au total, furent précipitées dans ces gouffres, mortes ou vivantes, essentiellement par les partisans communistes du maréchal Tito, à partir du 8 septembre 1943, date de la retraite des armées régulières italiennes, après la signature de l'armistice consécutif au départ de Benito Mussolini. Très vite, les Allemands reconquirent les zones prises par les Yougoslaves et occupèrent toute la région, ce qui interrompit, un temps, les massacres.
En Istrie, ces massacres connurent leur apogée local en mai et juin 1945, lors de l'arrivée presque conjointe des Yougoslaves et des Alliés à Trieste. Ils se poursuivirent jusqu'en 1947 où le traité de paix de Paris mit fin aux hostilités mais provoqua le départ de nombreux habitants de la région pour l'Italie. Les massacres des Croates en Croatie et en Dalmatie, atteignirent leur apogée en 1946-47, et ce fut Staline qui les arrêta en 1948.
[modifier] Massacres des foibe
Les massacres des foibe connurent, dans l'immédiat après-guerre, trois périodes distinctes :
- 1. Durant la guerre: Les premières furent le résultat d'une insurrection populaire des minorités slaves (slovène et croate surtout), contre les Italiens et en particulier contre ceux qui avaient appartenu au régime fasciste désormais vaincu, ou qui l'avaient soutenu, dans une sorte de « réparation » des avanies subies pendant les décennies précédentes. Ces foibe, que certains considèrent comme « explicables », furent l'expression de la colère des Slaves et firent un nombre limité de victimes (quelques centaines). La thèse d'une vraie jacquerie est cependant redimensionnée par des historiens comme Gianni Oliva (Foibe, Oscar Mondadori, 2003).
- 2. Istrie après la guerre : Les secondes, qui ne doivent absolument pas être confondues avec les premières, furent une opération délibérée géostratégique de nettoyage politique (voire ethnique), voulue par le maréchal Tito pour assurer par la terreur sa domination sur la Vénétie julienne et l'Istrie (et donc sur la population italienne), mais aussi pour se débarrasser d'opposants politiques y compris croates et slovènes. Privées de toute sorte de « justification » morale ou sociale, les foibe de Tito virent la mise en œuvre d'un probable nettoyage ethnique (pour lequel seuls des indices épars sont concordants) et selon toute vraisemblance politique, outre des Italiens, qu'il s'agît d'innocents ou d'ex-fascistes, périrent aussi de nombreux partisans croates opposés à la Yougoslavie de Tito. Elles entraient dans un plan général visant à annexer, pour étendre le territoire yougoslave, toutes les zones peuplées en majorité d'Italiens mais où existait une quelconque minorité linguistique slave, y compris l'Istrie, mais aussi le Frioul jusqu'au Tagliamento. C"est pourquoi Trieste est occupée avant Zagreb ou Ljubljana — les ordres stratégiques reçus par la IVe armée yougoslave étaient clairs : arriver coûte que coûte avant les Alliés à Trieste — les Néo-Zélandais (2e division) n'entreront à Trieste que le lendemain.
- 3. Dalmatie après la guerre: Les Alliés n'étaient pas intéressés pour les massacres internes se prolongeant en Yougoslavie. Ainsi les camps pour les juifs, tsiganes et autres non-Croates établis par Ante Pavelic, l'allié de Hitler, ne furent nullement fermés ni abandonnés à l'arrivée des partisans yougoslaves de Tito : le camp de Jasenovac et d'autres continuèrent à fonctionner de 1945 à 1948, changeant seulement de "clientèle" : après la guerre y furent enfermés, torturés et massacrés par les communistes yougoslaves des milliers de Croates (maintenant cyniquement comptabilisés comme victimes du fasciste A. Pavelic). Les massacres des foibe d'Istrie continuèrent plus à l`est, en Dalmatie et en Croatie centrale, faisant encore bien plus de victimes chez les Croates que chez les Italiens. Les massacres d'après-guerre eurent lieu surtout aux îles de Krk, Goli, Pasman, Zirje, Brac, Korcula, Daksa et aussi dans les foibe des montagnes littorales de Biokovo ... etc. Tous ces massacres des camps et des foibe en Croatie centrale et en Dalmatie furent enfin brusquement interrompus en 1948, sur l'ordre de J.V. Staline à Tito (tandis que les Alliés démocratiques occidentaux restaient silencieux).
[modifier] Exemples les mieux étudiés
Voici 3 exemples des foibe ossuaires d'après-guerre les mieux connues en Croatie:
- 1° Foiba de Yazovka. L'exemple le plus terrible au monde est fourni par cette foiba ossuaire située sur la montagne de Zumberak, à l`ouest de Zagreb. Durant un demi-siècle, le fait est resté tabou et ce n'est qu'après l'effondrement de la Yougoslavie, en 1991, que les spéléologues ont étudié cette foiba de 43 m de profondeur. D'après les découvertes, les documents subsistant et les témoins vivants, on y a trouvé entre 9 000 et 12 000 cadavres comprimés par la chaux vive et les bombes explosées. La majorité en est constituée de Croates de Zagreb, y compris de nombreux patients de tous les hôpitaux de Zagreb en 1945-1946, de nombreux invalides amputés de guerre à prothèses et béquilles, plusieurs femmes, des écoliers de 15 à 17 ans, quelques soldats allemands, etc. Un enfant de 10 ans qui avait réussi à s'enfuir constitue le principal témoin. La principale ordonnatrice yougoslave de ce massacre était Milka Kufrin, sous les ordres du maire yougoslave de Zagreb, Veceslav Holjevac (dont la fille Tatjana Holjevac est maintenant maire-adjoint de Zagreb, ce qui interdit toute recherche sur le sujet).
- 2° Foiba de Kricavno (= la Criante). Profonde de 85 m, elle se situe entre les ports de Vrbnik et de Baska, sur l`île de Krk (Veglia) dans le nord-est de l'Adriatique. Dans cette foiba particulièrement sinistre, les partisans yougoslaves perpétrèrent le massacre du groupe ethnique des néo-Liburnes, dont les ancêtres vivaient là depuis trois millénaires (du XIIe siècle av. J.-C. à 1945-1946); seulement douze vieillards, décédés dans les années 1990, survécurent à ce massacre. Ces Liburnes constituaient la majorité des 350 victimes comprenant des bergers, des pêcheurs, des femmes, deux écoliers et quelques Italiens. Les vieillards Liburnes, égorgés et jetés dans la foiba , crièrent dans leur langue néo-liburne qui mourait avec eux : "Ela Tyache, elaa Stomoryna !" ("Au secours Dieu! Au secours Sainte Marie!). Leurs cadavres furent ensuite recouverts par de nombreuses pierres et aussi par des ordures abondantes pour entraîner une putréfaction rapide. Les études récentes de cette foiba ont aussi été interrompues par l'"académicien" (ex-communiste) Petar Strcic de cette même île, probablement impliqué dans cet événement.
- 3° Foiba de Gradina. Elle est située sur la pente sud de l'île de Zirje (Zuri), près du port de Sibenik en Dalmatie centrale. Dans le fond de cette foiba se trouve l'unique fontaine d'eau potable de toute l'île; mais en 1945-1946, les partisans yougoslaves y ont tué et jeté 65 victimes comprenant des Croates, des Italiens et des Allemands ramenés du littoral dalmate. Depuis, les insulaires refusent de boire cette eau ayant baigné les cadavres, et s'abreuvent d'eau de pluie.
- 4. Foibe de Korcula (Curzola). Il s'agit d'une grande île du sud-est de l'Adriatique, contenant une douzaine de vastes foibe utilisées par les partisans yougoslaves pour y massacrer plusieurs milliers de leurs "ennemis", surtout Croates et quelques Italiens. C'est le lieu de naissance du professeur docteur Zvonimir Separovic dont les deux parents y furent aussi massacrés. Dans les années 1990, devenu ministre du gouvernement croate, il a mené une étude approfondie sur ces massacres de Korcula, mais sans succès à cause du tabou, de la disparition des documents et de l'omerta (cosa nostra) imposée. Après l'avènement en 1999 d'un régime de gauche en Croatie, ces études ont été arrêtées et une loi "foibiste" interdisant l'exploration de toutes les foibe de Croatie a même été promulguée. Z.Separovic est actuellement le président de la Société victimologique de Croatie (sans pouvoir pratique).
[modifier] Liste des foibe
Dans la liste suivante sont énumérées les foibe yougoslaves contenant des squelettes humains de la Seconde guerre mondiale, dont seule une petite partie a été identifiée.
[modifier] Dalmatie et Croatie moyenne
Dans ces foibe des îles adriatiques et de Croatie centrale vers la fin de la guerre (1945-1947) furent massacrés surtout des Croates (nombreux civils, femmes et enfants) par l'armée communiste yougoslave de Tito, pour réduire le territoire ethnique des Croates et étendre celui des Serbes; les victimes étrangères (Italiens, Allemands et autres) y sont minoritaires. Ces foibe sont les plus densément remplies de cadavres du monde, contenant de 350 à 12000 squelettes:
- Ile dalmate de Brac: une douzaine de foibe, contenant environ 4000 squelettes, pour la plupart croates.
- Ile dalmate de Korcula: une dizaine de foibe, contenant environ 3000 squelettes, surtout croates.
- Foiba de Gradina, île de Zirje (Zuri) en face du port de Sibenik : 65 squelettes croates, italiens et allemands.
- Foiba de Kricavno, île de Krk (Veglia) dans le golfe de Kvarner : environ 350 victimes comprenant des femmes et 2 enfants, surtout du génocide final des derniers néo-Liburnes et aussi quelques Italiens.
- Foiba de Stenjevcica dans la banlieue de Zagreb: plusieurs centaines de Croates et quelques Allemands (nombre non précisé).
- Foiba de Yazovka sur le mont Zumberak à l'ouest de Zagreb : ossuaire yougoslave le plus terrible du monde entier, rempli de 9000 à 12 000 squelettes croates comprenant des invalides, des femmes, des enfants et quelques Allemands.
[modifier] Istrie et Slovénie
Dans ces foibe plus occidentales, la plupart des victimes furent des Italiens massacrés par l'armée yougoslave de Tito. Ces foibe ne sont remplies "que" de quelques dizaines ou centaines de cadavres :
- Foibaci
- Foiba de Rasp
- Foiba de Basovizza (monument national italien)
- Foiba de Monrupino à Trieste (monument national italien)
- Foiba de Barban
- Foiba di Beca
- Abisso Bertarelli
- Foiba Bertarelli (à Buzet)
- Foiba de Brestovica
- Foiba di Campagna (à Trieste)
- Foibe de Koper (Capodistria)
- Foiba di Casserova
- Foibe de Castelnuovo d'Istria
- Foiba di Cernizza
- Foiba de Cernovica (à Pazin)
- Foiba de Kocevje
- Foiba di Corgnale
- Foiba di Cregli
- Foiba di Drenchia
- Mine de Bauxite de Gallignana
- Foiba di Gargaro o Podgomila (Gorizia)
- Foiba di Gimino
- Foiba de Gropada
- Foiba di Iadruichi
- Foiba de Jurani
- Mine de bauxite à Lindar
- Foiba de Obrovo de Rijeka
- Foiba de Odolina
- Foiba di Opicina
- Foiba de Orle
- Foiba di Podubbo
- Foiba de Pucioiba de Roc
- Foiba di San Lorenzo di Basovizza
- Foiba di San Salvaro
- Foiba di Scadaicina
- Abisso de Semez
- Foiba de Semi (Istrie)
- Abisso de Semich
- Foiba de Sepec (à Roc)
- Foiba de Sezana
- Foiba de Surani
- Foiba di Terli
- Foiba di Treghelizza
- Foiba di Vescovado
- Foiba di Vifia Orizi
- Foiba di Vines
- Foiba de Zavni (Trnovski Gozd - Slovénie)
[modifier] Aujourd'hui
Actuellement, les passionnés de spéléologie qui veulent explorer des grottes inconnues en Slovénie doivent d'abord faire une demande officielle pour obtenir un permis du ministère slovène de l'Intérieur, tandis qu'en Croatie toute exploration des foibe ossuaires est pratiquement interdite. Malgré ces limitations, chaque année de nouvelles foibe contenant des restes humains sont découvertes dans des lieux peu connus ou dans des terrains privés.
Une journée du souvenir (giornata del ricordo), « en mémoire des victimes des foibe et de l'exode des Istriens, des habitants de Fiume et des Dalmates », pour commémorer ces massacres, a été instituée en Italie en 2004 par une loi votée à l'initiative du gouvernement de Silvio Berlusconi — sous la pression notamment de l'Alliance nationale (parti de droite). Elle se fête le 10 février, date du Traité de Paris (1947) qui mit fin aux massacres en Istrie et donna l'essentiel de cette province à la Yougoslavie. La première commémoration a eu lieu le 10 février 2005.
[modifier] Déclaration italienne et réaction croate
« Nous ne devons pas taire, en assumant la responsabilité d'avoir nié ou tendu à ignorer la vérité en raison de préjugés idéologiques et aveuglement politique, le drame du peuple juliano-dalmate. Ce fut une tragédie cachée en raison de calculs diplomatiques et de convenances internationales. Aujourd'hui qu'en Italie nous avons enfin mis un terme à un silence sans justification et que nous nous sommes engagés en Europe à reconnaître la Slovénie comme un partenaire amical et la Croatie comme un nouveau candidat à l'entrée dans l'Union européenne, nous devons toutefois répéter avec force que partout, au sein du peuple italien comme dans les rapports entre les peuples, une part de la réconciliation que nous souhaitons fermement, se situe dans la vérité. C'est ce qui dans la "Journée du souvenir" est justement un engagement solennel de rétablissement de la vérité. » a déclaré Giorgio Napolitano, président italien, un ancien communiste, le 10 février 2007, journée du Souvenir en Italie.
Suite à cette déclaration, le président croate Stjepan Mesić réplique en se déclarant « consterné » par cette déclaration « dans laquelle il est impossible de ne pas apercevoir des éléments de racisme affirmé, de révisionnisme historique et de revanchisme politique ». Il se dit également « désagréablement surpris par le contenu et par le ton » de cette déclaration italienne. Après une semaine de polémiques, les Italiens et les Croates parviennent à une position commune et la réaction croate sus-mentionnée est, en quelque sorte, mise de côté. Une lettre du président slovène serait également parvenue au président italien (cf. La Repubblica et Corriere della sera).
[modifier] Le bilan
Ce sujet, longtemps resté tabou en Italie et en Croatie, l'est encore. Le nombre total des victimes en Istrie, quelle que soit leur nationalité, est estimé actuellement à environ 17.000 personnes (au maximum), mais ce chiffre correspond à l'ensemble des victimes, civiles et militaires, sur toute l'étendue du territoire de l'Istrie et des zones voisines: le chiffre moyen de 12 à 15 000 victimes a été avancé, tandis que certains auteurs réduisent ce chiffre à 4 ou 5 000 victimes. Dans les autres foibe de Dalmatie et de Croatie centrale, on doit ajouter encore au moins 18.000 à 20.000 squelettes et probablement plus de 40.000: ainsi le nombre total des victimes italiennes, croates et autres des foibe yougoslaves serait de 50.000 à 60.000. Les autres résultats sont les suivants :
- 1° Au moins trois quarts des Italiens qui vivaient à l'est de l'Adriatique ont été soit "enfoibés", soit exilés en Italie à cause de la terreur yougoslave "antifasciste".
- 2° En outre, la moitié des Tchakaviens, c'est-à-dire des Croates autochtones maritimes de Dalmatie, avaient disparu après la Seconde guerre, soit dans les foibe dalmates, soit en exil: avant cette guerre ces Croates autochtones Tchakaviens constituaient 21 % de la population croate, contre 12% aujourd'hui. Presque toute la Dalmatie continentale actuellement est totalement "purifiée" des Italiens et aussi des Croates autochtones Tchakaviens et désormais, les locuteurs serbo-croates yougoslaves (Vlachs) y prédominent très largement. Il y a donc eu en Dalmatie un double génocide: anti-tchakavien et anti-italien, pour l'expansion des Balkaniques yougoslaves.
- 3° Un troisième génocide partiel a été perpétré dans l'Archipel de Kvarner (Quarnero): après cette guerre avaient disparu 350 locuteurs néo-liburniens exterminés par les "antifascistes" yougoslaves, dont la plupart étaient des bergers, des pêcheurs et des femmes, massacrés dans la foiba de Kricavno à Krk.
- 4° Quelques bourreaux lettrés des foibe se sont aussitôt mués en "académiciens", et les aînés survivants sont maintenant membres de l'Académie croate des sciences et arts.
- 5° Plusieurs bourreaux analphabètes des foibe ont été proclamés héros nationaux yougoslaves Alors qu'en Slovénie les assassins des foibe sont au moins connus, nommés et écartés du pouvoir, en Croatie ceux-ci (ou leurs descendants) sont encore au cœur du pouvoir, occupant d'importantes positions sociales et politiques, par exemple :
- - Plusieurs sont encore membres de l'Académie croate.
- - Le président croate actuel est lui aussi entouré de plusieurs collaborateurs et conseillers de ce type.
- - L'actuel maire-adjoint de Zagreb, la capitale croate, est la fille de Vjeceslav Holjevac, le maire yougoslave de Zagreb mêlé aux massacres des foibe voisines de Yazovka, de Stenjevcica, etc.
- - La télévision croate officielle qui façonne l'opinion publique est elle aussi contrôlée par de tels "foibistes".
- - La Wikipédia croate est elle aussi contrôlée par des descendants de "foibistes" (y compris plusieurs administrateurs décisifs).
- - Plusieurs grands journaux de Croatie sont eux aussi contrôlés par des descendants de "foibistes", etc.
- 6° Les fascistes italiens, de 1941 à 1943, ont tué leurs victimes surtout dans les deux îles adriatiques de Rab-Kampor et Dugi otok, tandis que les partisans yougoslaves, de 1945 à 1947, ont massacré les Croates adriatiques dans plusieurs îles: Krk, Goli, Ugljan, Zirje, Brac, Korcula, Daksa... Plus précisément:
- - Dans l'île de Krk (Veglia), les fascistes italiens, de 1941 à 1943, ont tué 32 autochtones; mais ensuite, les partisans yougoslaves y ont massacré de 1945 à 1947 environ 350 victimes, c'est-à-dire 11 fois plus.
[modifier] Conclusions
L’armée yougoslave, après la 2e guerre mondiale, a occupé vers l’ouest d'autres pays d'Europe centrale non encore slavisés, y compris le nord-ouest de la Croatie, l’Istrie péninsulaire et les îles adriatiques. En 1945-1947, ces envahisseurs slaves, les plus cruels de l’histoire régionale, y ont saccagé et exproprié la plupart des familles non-slaves. De nombreuses personnes y ont ensuite été massacrées, y compris surtout les locuteurs de langues romanes, germaniques et aussi beaucoup de Croates (tchakaviens et kaykaviens), précipités encore vivants dans les foïbe (abysses karstiques). Aucune foïba ossuaire de ces martyrs en Croatie n'a encore été signalée, et la plupart de celles-ci sont, encore au XXIe siècle, cachées comme une infamie yougoslave. Dans la Yougoslavie communiste (1945-1990), ces foïbe ossuaires étaient un tabou intouchable et leur mention publique y valait la prison ou la “disparition” dans une telle foïba. Maintenant dans la Croatie moderne, on ne punit plus directement une mention publique des foïbe ossuaires, mais une "cosa nostra" balkanique de ces bourreaux, de leurs descendants et collaborateurs dans des positions éminentes, y est encore assez puissante pour empêcher toute mention publique de ces foïbe, prétendant qu'il s'agit là d'une pratique normale et usuelle dans les Balkans. Mais pourquoi donc n’y a-t-il pas d'"ossuaires des cavernes" en France, en Espagne et autres pays calcaires ?
La plupart de ces "bourreaux des cavernes" dans l'ex-Yougoslavie étaient glorifiés comme des héros nationaux et maintenant encore, en Croatie, les survivants et leurs descendants occupent des positions sociales éminentes, dont le chef officieux est l'"académicien" (ex-communiste) Petar Strcic. Après le démembrement de la Yougoslavie, ces "bourreaux des cavernes" s'y sont camouflés en “antifascistes libéraux” pour maintenir leurs positions éminentes et leur intangibilité. Par contre, les descendants survivants des victimes et leurs enfants en Yougoslavie ont connu durant cinq décennies un destin sombre et douloureux, partout traités en citoyens de seconde zone et contraints, pour certains, d'émigrer outre-mer pour échapper à cette discrimination et mener une vie normale. Même aujourd’hui, dans la Croatie moderne, leurs propriétés confisquées ne leur ont jamais été restituées et, après leur saccage, des lois scélérates en garantissent la possession pour toujours aux familles des "bourreaux des cavernes".
De nos jours, presque une centaine d'autres foibe ossuaires sont encore ignorées et cachées le long de l’Adriatique orientale, une loi croate récente interdisant même leur exploration vu leurs "conditions inaccessibles" - pour assurer un sommeil tranquille aux "bourreaux de cavernes" et à leurs descendants. Il est donc devenu indispensable que ces ossuaires-cavernes de l'est de l'Adriatique soient enfin placés sous une juridiction internationale, plus morale et objective que l'actuelle. Les plus grands de ces ossuaires-cavernes se trouvent surtout en Istrie et dans les îles de Krk, Žirje, Brač, Korčula, etc. Par ailleurs, de récentes analyses de biogénétique moderne et de biochimie légale pratiquées sur des populations parentes de massacrés proches de ces foïbe ossuaires ont exactement confirmé que la plupart des familles de victimes ont des génomes non-slaves, malgré leur langue -slave- imposée par l’assimilation récente. Il est donc aujourd’hui assez clair que ces massacres dans les foïbe de l'Adriatique orientale en 1945-1947 ont bien été une extermination planifiée de tous les non-Slaves accessibles par le régime communiste ex-yougoslave.
[modifier] Un prêtre italien victime des foibe reconnu martyr
L'agence de presse catholique Zénit a annoncé le mercredi 9 juillet 2008 qu'un prêtre italien, Francesco Giovanni Bonifacio, venait d'être reconnu martyr par le pape Benoît XVI, ce qui ouvrait la voie à sa béatification.
Il a été assassiné à l'âge de 34 ans, lors des « foibe », à Villa Gardossi en 1946. On l'appelait déjà de son vivant, en raison de sa générosité, « el santin ». Et sa cause de béatification a été lancée dès 1957 par l'évêque de Trieste, Mgr Antonio Santin. Le pape a signé le décret de la Congrégation des causes des saints, le 3 juillet dernier, reconnaissant son martyre, ce qui dispense, pour la béatification, de la reconnaissance d'un autre « miracle » dû à son intercession.
L'agence de presse précise : « Rappelons que « foibe » est le pluriel de « foiba », un terme de la région italienne du Frioul, signifiant « fosse », « cavité ». En l'occurrence, il désigne des cavités et des crevasses naturelles, des grottes, ouvertes sur l'extérieur par des gouffres verticaux, qui atteignent parfois 200 m de profondeur. Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale lors de l'occupation de la ville de Trieste et des régions du nord-est de l'Italie par la Yougoslavie de Tito, des milliers de personnes (entre quatre mille et vingt mille selon les historiens) ont été assassinées et jetées dans ces fosses, parfois vivantes. On a parlé de « purification ethnique ». A cette époque de terreur, quelque 350.000 Italiens durent abandonner l'Istrie, la ville de Fiume, et la Dalmatie. Pasteur zélé, le P. Francesco rassemblait les fidèles victimes de la persécution, spécialement les jeunes, fondant l'Action catholique locale, dans l'actuelle Croatie. Il visitait les familles, les malades, aidait les pauvres. Et il fut victime d'intimidations. Il revenait à Grisignana, le 11 septembre 1946, lorsqu'il fut arrêté par deux hommes de la Garde populaire, formée d'Italiens; des témoins les virent disparaître dans les bois.
Son frère partit à sa recherche et fut emprisonné, sous prétexte qu'il colportait des mensonges. Le reste resta inconnu jusqu'à ce qu'un auteur dramatique réussisse à retrouver l'un des gardes qui avaient arrêté le P. Bonifacio. Il raconta que le prêtre avait été emmené en voiture, battu, dévêtu, frappé au visage avec une pierre, et achevé de deux coups de couteau, avant d'être jeté dans une foiba. On n'a jamais retrouvé son corps. Il était né en 1912 à Pirano, deuxième de sept enfants, et il avait été ordonné prêtre en 1936 en la cathédrale de Trieste. Ce n'est qu'en 2004 que la loi du 30 mars a institué en Italie, à l'instigation du président Giorgio Napolitano, le « Jour de la Mémoire », pour honorer les victimes de cette tragédie des « foibe ». Une cinquantaine de prêtres catholiques auraient alors été assassinés par les troupes de Tito. »
[modifier] Littérature
- Zelimir Zanko & Nikola Solic: Jazovka (Foiba Yazovka). Posebno izdanje, 143 p. Zagreb 1990
- Milan Marusic: Zrtve komunistickih zlodjela u Zagrebu 1945. Hrvatsko zrtvoslovno drustvo, 317 p. Zagreb 2001.
- Z. Yoshamya 2001: Zavjera sutnje o kvarnerskoj Jazovki - U jami Kricavno na Krku pobijeni otocani i Licani. Politicki zatvorenik 112/113: 20 - 21, Zagreb VII-VIII/2001
- Mitjel Yoshamya: Neo-Liburnian glossary, grammar, culture, genom: p. 42-46, ITG - Zagreb 2004
- Mitjel Yoshamya: Tromilenijska povijest Liburna od Otranta do Kricavna. Old-Croatian Medieval Archidioms, vol. 1: 131-136, ITG - Zagreb 2005
- Jožko Kragelj, Pobitim v spomin: žrtve komunističnega nasilja na Goriškem 1943-1948, Goriška Mohorjeva, Gorizia 2005.
- Paolo De Franceschi, Foibe, prefazione di Umberto Nani, Centro Studi Adriatici, Udine 1949
- Giancarlo Marinaldi, La morte è nelle foibe, Cappelli, Bologna 1949
- Luigi Papo, L'ultima bandiera. Storia del reggimento Istria, L'Arena di Pola, Gorizia 1986
- Roberto Spazzali, Foibe: un dibattito ancora aperto. Tesi politica e storiografica giuliana tra scontro e confronto, Lega Nazionale, Trieste 1990
- Franco Razzi, Lager e foibe in Slovenia, E.VI, Vicenza 1992
- Roberto Spazzali, Tragedia delle foibe: contributo alla verità, Grafica goriziana, Gorizia 1993
- Eno Pascoli, Foibe: cinquant'anni di silenzio. La frontiera orientale, Aretusa, Gorizia 1993
- Giampaolo Valdevit è curatore, Foibe, il peso del passato. Venezia Giulia 1943-1945, Istituto regionale per la storia del movimento di liberazione nel Friuli-Venezia Giulia, Trieste 1997
- Fulvio Salimbeni, Le foibe, un problema storico, Unione degli istriani, Trieste 1998
- Luigi Papo, L'Istria e le sue foibe, Settimo sigillo, Roma, 1999
- Arrigo Petacco, L'esodo. La tragedia negata degli italiani d'Istria, Dalmazia e Venezia Giulia, Mondadori, Milano 1999
- Giorgio Rustia, Contro operazione foibe a Trieste a cura dell'Associazione famiglie e congiunti dei deportati italiani in Jugoslavia e infoibati, 2000
- Guido Rumici, Infoibati. I nomi, i luoghi, i testimoni, i documenti, Mursia, Milano 2002
- Giovanna Solari, Il dramma delle foibe, 1943-1945: studi, interpretazioni e tendenze, Stella, Trieste 2002
- Roberto Spazzali-Raoul Pupo, Foibe, B.Mondadori, Milano 2003
- Gianni Oliva, Foibe. Le stragi negate degli italiani della Venezia Giulia e dell'Istria, Mondadori, Milano 2003
- Claudia Cernigoi, Operazione Foibe - Tra storia e mito, Edizioni Kappa Vu, Udine, 2005
- Raoul Pupo, Il lungo esodo. Istria: le persecuzioni, le foibe, l'esilio, Rizzoli, Milano 2005
- Giacomo Scotti, Dossier Foibe, Manni, San Cesario (Le), 2005
- Sessi Frediano, Foibe rosse. Vita di Norma Cossetto uccisa in Istria nel '43, editore: Marsilio, 2007.
[modifier] Liens externes
- Le foibe giuliane 1943 - 1945 - Saggio dell'insigne storico Raoul Pupo sul tema delle foibe
- Sito Le Foibe - Sito ricco di materiale con approfondimenti su temi dibattuti.
- Foibe a cura della Lega Nazionale di Trieste - Sito di denuncia
- Relazione della "commissione storico-culturale italo-slovena" richiesta dai rispettivi ministeri degli esteri
- La verità sulle foibe - Pagina di un periodico on line con informazioni sulla repressione fascista in Jugoslavia.
- Operazione Foibe a Trieste - On line il libro di Claudia Cernigoi con una teoria critica su numeri ed interpretazione ufficiali italiani sul fenomeno delle foibe.
- Foibe, ne parla un sopravvissuto - Intervista ad un sopravvissuto alla foibe del Bus de la Lum sul Pian del Cansiglio in Veneto.
- Storia delle foibe - La strage dimenticata Puntata della trasmissione La Storia Siamo Noi - RAI Educational
