William Luther Pierce

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William Luther Pierce, né le 11 septembre 1933 à Atlanta (Géorgie) et mort le 23 juillet 2002 à Hillsboro (Virginie-Occidentale), était un physicien, auteur et militant politique nationaliste blanc étasunien.

Il a été le fondateur de la National Alliance et l'auteur du roman Les Carnets de Turner.

Biographie

Pierce commence à militer vers 1964 au Parti nazi américain de George Lincoln Rockwell. Pourtant, sa vision du monde ne sera jamais celle d'un « suprémaciste »; il soutient au contraire des idées plutôt séparatistes à l’instar des franges sécessionnistes chez les Afro-Américains, les Latinos et les Amérindiens.

Très hostile aux diverses déclinaisons du conservatisme américain, il réprouve « l’assimilation [qui] fait croire à l’égalité, voire à l’interchangeabilité, et mène au métissage ». Son racialisme radical se renforce d’une désapprobation virulente à l’égard de la communauté juive.

En 1970, William Pierce s’empare d’une association de droite conservatrice, la National Youth Alliance (« Alliance nationale de la jeunesse »), puis lance un périodique intitulé Attack !. Sous son impulsion, en 1974, ce groupe se transforme en Alliance nationale. Quatre ans plus tard, Attack ! prend le titre de National Vanguard (« Avant-garde nationale »).

Selon la biographie que lui a consacrée Rémi Tremblay, Pierce et son mouvement ont été « des pionniers du cyber-militantisme. Dès 1995, l’Alliance s’était dotée d’un site fonctionnel attractif et très moderne ». Outre une revue qui adopte le format « de magazine sur papier glacé en 1982 », il imagine une radio, American Dissident Voices (« Voix dissidentes américaines »), avec des chroniques régulières. Ses militants distribuent des tracts, collent des affiches et vendent des brochures. Ils détournent même en toute légalité des panneaux d’affichage publicitaire sur le bord des autoroutes ! Plus tard, William Pierce investit dans des émissions télévisées afin de mieux diffuser son programme ethno-révolutionnaire.

Toutes ces actions confirment que « les élections ne faisaient pas officiellement partie des plans de l’Alliance, bien que certains membres se lancèrent dans des courses locales de leur propre initiative et ce, surtout, pour avoir une tribune supplémentaire pour diffuser le message ». William Pierce estime nécessaire de « réveiller les Blancs ayant le potentiel de réfléchir, et, pour ce faire, il fallait diffuser le message à des publics toujours plus importants ».

Son séparatisme blanc n’est toutefois que momentané et tactique. Rémi Tremblay mentionne que « l’objectif de l’Alliance n’était pas une enclave blanche, mais bien de faire de l’Europe, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Canada et des États-Unis un espace blanc homogène ». Selon lui, Pierce « espérait une grande confrérie de nations blanches englobant l’Europe et le Commonwealth ».

Pourfendeur féroce du libéralisme, William Pierce critique le sionisme et accuse le gouvernement fédéral de lui obéir. Il renvoie en outre dos à dos le communisme et le capitalisme. Ainsi demandait-il « l’imposition de barrières tarifaires et prônait un certain protectionnisme. Il s’opposait au libre-échange, promu par les mêmes qui font la promotion du métissage, car cela finit par rendre les pays blancs dépendants de pays non-blancs pour des produits vitaux et stratégiques ».

Sur un autre sujet, William Pierce s’écarte du christianisme qui « était, à ses yeux, une religion d’esclaves ». Il fonde et organise un nouveau culte: le cosmothéisme. « Pour lui, les cosmothéistes étaient une élite, dernier rempart de l’Occident, allant à contre-courant de “la décadence de l’époque” pour jeter les bases du monde d’après, comme les chrétiens lors de la chute de la Rome antique ». L’étendard de cette nouvelle religion place en son centre la rune de la vie entourée de deux branches de laurier.

Il va de soi que, malgré le Premier Amendement de la Constitution des États-Unis, les autorités étatsuniennes dont le FBI persécutent William Pierce. Il n’empêche qu’aucun de ses ennemis acharnés ne parvient à trouver des preuves formelles qui auraient pu l’incriminer dans des infractions judiciaires caractérisées. Sa forte discipline intérieure explique en partie cette chance insolente.

Publications

  • Who we are, National Vanguard Books, 2012
  • avec Fred Streed & Kevin Alfred Strom, Cosmotheism: Divine Aryan Consciousness from Man to Super-Man, 2013.

Sous le pseudonyme « Andrew MacDonald »

  • The Turner Diaries, New York, Barricade Books, 1978, 2e éd., 211 p.
  • Hunter : A Novel, Hillsboro, National Vanguard Books, 1989, 2e éd., 258 p.

Traductions françaises

Ouvrages

  • Fierté blanche. La libre parole d’un racialiste américain, White Revolution Books, Londres, 2011, 200 p.

Articles

  • « La grande crise raciale est proche », Tabou, Akribeia, vol. 18, 2011.

Bibliographie

en anglais

  • Robert S. Griffin, The Fame of a Dead Man’s Deeds: An Up-Close Portrait of White Nationalist William Pierce, 1stBooks Library, Bloomington (Indiana), 2001, 434 p.
  • Robert S. Griffin, Living White: Writings on Race, Authorhouse, Bloomington (Indiana), 2006.

en français

  • Gaëtan Audenarde, « La propagande par l'exemple : sur l'œuvre militante de William Luther Pierce », in : Tabou, no 17, 2010, p. 161-178.
  • Robert S. Griffin, Vivre en tant que Blanc - Ecrits sur la race, 2000-2005, Akribeia, Saint-Genis-Laval, 2008, 208 p.
  • Rémi Tremblay, Pierce, coll. Qui suis-je ?, Lif, 2025, 128 p.