Troisième Internationale
La Troisième Internationale ou Internationale communiste, abrégée plus tard Komintern, était une fédération internationale de partis communistes.
Sommaire
Création
Fondée en 1919 à Moscou, elle visait à diffuser les idées de la révolution d’Octobre dans le monde et à soutenir les activités des partis communistes.
Sa création amorce une rupture nette, au sein de la Deuxième Internationale, entre les communistes partisans d'un strict alignement sur Moscou et les socialistes et sociaux-démocrates, désireux de maintenir leur autonomie.
Les « conditions de Moscou »
En juillet 1920, le deuxième congrès de l'Internationale communiste fixe 21 conditions à l'adhésion. Celles-ci ont clairement pour but une « vassalisation » des partis nationaux.
1. La propagande et l'agitation de la presse communiste est subordonnée par des révolutionnaires, en appelant à la dictature du prolétariat. 2. Les membres réformistes et centristes doivent être écartés des postes à responsabilité du parti. 3. Le parti communiste doit envisager des actions illégales, voire préparer les conditions d'une guerre civile pour remplir le devoir révolutionnaire. 4. Il faut pratiquer une propagande communiste, même illégale, au sein des troupes militaires. 5. Le parti doit mener l'agitation communiste dans les campagnes et chez les ouvriers agricoles. 6. Il faut dénoncer à la fois le patriotisme et le pacifisme, en prônant seulement la révolution. 7. Le parti doit rapidement rompre avec les centristes et les réformistes. 8. Le parti doit mener une lutte anti-coloniale et anti-impérialiste. 9. Des cellules communistes doivent noyauter les syndicats afin qu'ils soient soumis au parti. 10. Le parti doit rompre avec l'Internationale syndicale d'Amsterdam (fédération internationale syndicale fondée en juillet 1919). 11. Les fractions parlementaires du parti doivent être débarrassées de tout dissident. 12. La presse du parti communiste ne peut pas être indépendante et doit être contrôlée par le comité central. 13. L'organisation du parti fonctionne selon le mode du « centralisme démocratique ». 14. Le parti s'engage à mener en son sein une lutte continue contre les « éléments petit-bourgeois ». 15. Les Républiques socialistes soviétiques doivent être soutenues sans réserves. 16. Le programme du parti doit être révisé pour qu'il soit conforme à celui de l'Internationale Communiste. 17. Toutes les décisions de l'Internationale doivent être obligatoirement exécutées, en tenant compte des conditions locales. 18. Le changement de nom est obligatoire, le parti doit se nommer « Parti communiste de [nom du pays] (Section de la IIIe Internationale communiste) ». 19. Le parti souhaitant adhérer à l'Internationale doit se prononcer le plus tôt possible dans un congrès extraordinaire. 20. Les deux tiers du Comité central du parti doivent être composés de communistes approuvant les statuts de l'Internationale. 21. Les membres qui n'acceptent pas les clauses doivent être exclus.
Une 22e condition, rendue publique au congrès de 1922 mais déjà appliquée par plusieurs partis communistes, interdit toute adhésion à la franc-maçonnerie.
Une rupture à l'échelle mondiale
La rupture aura des conséquences dans tous les pays d'Europe et dans de nombreux pays extra-européens, qui voient dans la plupart des cas deux partis tenter d'obtenir l'hégémonie sur la gauche.
C'est ainsi que, par exemple en France, le congrès de Tours (1920) voit les partisans de Moscou quitter la SFIO pour fonder le Parti communiste français. De même, en Italie, c'est au congrès de Livourne (1921), convoqué par le Parti socialiste italien (pourtant dirigé par son aile la plus radicale, qui avait déjà forcé le parti à adhérer en 1919 à la Troisième Internationale), qu'un groupe dissident, mené par Amadeo Bordiga et Antonio Gramsci, quitte les débats et fonde le Parti communiste d'Italie.
Dissolution
La Troisième Internationale se dissout en 1943 afin de ne pas nuire à la collaboration entre l’Union soviétique et les Alliés occidentaux contre l’Allemagne au cours de la Seconde Guerre mondiale.
En 1947, Staline annonce la création du Kominform (Bureau d'information des partis communistes et ouvriers) afin de remettre en oeuvre une dérection internationale des partis communistes. Le Kominform sera actif jusqu'en 1956.