Loup
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La femelle du loup est la louve, son petit est le louveteau. Le loup hurle.
L'habitat historique du loup gris comprend toute l'Amérique du Nord (du Mexique à l'Alaska et au Groenland), toute l'Europe (du nord au sud), presque toute l'Asie et certaines parties du Proche et Moyen Orient. Il a toujours été absent d'Asie du Sud-Est, d'Océanie, d'Afrique et d'Amérique du Sud.
Les loups étaient jadis très répandus dans tout l'hémisphère Nord, mais leur population a été décimée, par la chasse d'une part, mais également suite à l'occupation de leur habitat, par l'Homme. On peut même parler d'extermination dans la seconde moitié du XIXe siècle en Europe occidentale, après les travaux de Pasteur faisant du loup le principal vecteur sauvage de la rage. De fortes récompenses étaient attribuées aux chasseurs abattant des loups, et des cadavres de bêtes empoisonnées à la strychnine étaient déposés sur leurs lieux de passage.
Les loups sont des prédateurs, vivant et chassant en meutes organisées, selon une hiérarchie sociale stricte. La meute est dirigée par un mâle et une femelle Alpha. Le couple Alpha est généralement le seul à procréer.
Le lien entre le loup et le chien domestique a été assez controversé. Certains voyaient le loup comme l'ancêtre direct du chien, tandis que d'autres considéraient que cet ancêtre était plutôt le chacal doré (Canis aureus). Actuellement le chien est considéré comme une sous-espèce de Canis lupus. En fait, les canidés sont une famille qui n'a évolué que récemment, et des croisements entre différentes espèces du type Canis peuvent encore se produire.
[modifier] Symbolique
La figure du loup a été utilisée de manière récurrente par diverses composantes de la mouvance nationaliste mondiale : la rune du loup est d'un usage fréquent comme logo politique; en Turquie, le mouvement de jeunesse du Parti d'action nationale se nomment Les loups gris; durant la dernière guerre civile européenne un des QG d'Adof Hitler se nommait "La Tannière du loup"; etc.
[modifier] Texte à l'appui
Les loups iront-ils jusqu'en Bretagne ?
Homo sapiens versus Canis lupus. L’homme de nouveau face au loup. Et cela a encore tourné au vinaigre cet été puisqu’il est accusé, entre autres, d’avoir provoqué la mort d’un troupeau de plusieurs centaines de moutons et brebis qui, affolés, se sont jetés dans le vide. Voilà une quinzaine d’années qu’ils ont repointé le bout de leur truffe dans le parc du Mercantour (Alpes-Maritimes).
On estime qu’ils sont aujourd’hui au moins une centaine, répartis en un peu plus d’une quinzaine de meutes. D’une longueur de 150 kilomètres, leur territoire originel s’étend sur six vallées dans les Alpes du Sud sur plus de 200 000 hectares. Zone qui compte environ 18 000 habitants permanents répartis dans 28 communes avec une forte activité de pastoralisme. Ce qui entraîne évidemment de douloureux problèmes de cohabitation entre l’animal et l’homme.
Pourtant, pour une fois pourrait-on dire, l’homme n’y est pour rien. Il n’a pas joué avec le feu. Les loups sont revenus tout seuls. Au début des années 1990, ils ont franchi la frontière entre l’Italie et la France. Le parc du Mercantour est en effet contigu au Parco naturale Alpi Marittime, en Italie, où le loup, qui n’y a jamais disparu, était bien présent et protégé.
La première observation certifiée en France date de 1992. Depuis, les troupeaux ont payé un lourd tribu aux carnassiers. Peut-être pas aussi lourd que certains voudraient le dire, mais incontestablement important.
Cette expansion du loup va-t-elle s’arrêter là ? C’est peu probable. Présent dans un seul département il y a quinze ans, il l’est aujourd’hui dans huit (Ain, Alpes- de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie et Var), d’Annecy à Digne en passant par Grenoble et le Vercors. Il a aussi gagné les Alpes vaudoises en Suisse. Et il a déjà été vu au-delà du Mercantour, dit-on, dans les Vosges, le Jura et le Massif Central. Il a également été repéré dans les Pyrénées-Orientales. Pourquoi ne gagnerait-il pas les territoires où il était autrefois présent et où le gibier n’est pas rare ?
Le loup se déplace généralement en meute de 3 à 15 individus tous parents entre eux. Chacun occupe une place bien précise dans une hiérarchie à respecter. Le territoire de chaque meute s’étend sur 200 à 300 km². Mais la croissance démographique d’un groupe sur un territoire limité amène à en abaisser les ressources alimentaires. Et un loup a besoin de 5 à 8 kg de nourriture par jour. Seule solution à ce moment-là, élargir son horizon.
Plan d’action
C’est ce qui préoccupe aujourd’hui, par exemple, les responsables du parc américain de Yellowstone dans lequel les loups ont été réintroduits il y a une trentaine d’années. Ils sont désormais plusieurs centaines dans le parc et les scientifiques ont constaté que la biodiversité, aussi bien pour la faune que pour la flore en avait été, à de nombreux endroits, améliorées. Le « hic » est que maintenant qu’il a colonisé tous ses biotopes du parc, il a tendance à en sortir pour s’approprier d’autres territoires.
L’aspect alimentaire n’est pas le seul moteur de cette colonisation. Elle permet également d’éviter la multiplication des conflits, soit entre meutes concurrentes, soit entre membres d’un même clan. Ainsi, sans exploser, le nombre de loups augmente régulièrement et le territoire qu’ils occupent s’agrandit, en équilibre avec les ressources alimentaires et leur sécurité (en particulier vis-à-vis de la pression humaine).
En Espagne et en Italie, là où le loup n’a jamais disparu, leurs « méfaits » sont bien mieux acceptés qu’en France. La cohabitation n’y est pas aussi tendue. Les éleveurs mettent en place des stratégies de protection des troupeaux, tout en sachant qu’ils perdront tout de même, chaque année, plusieurs têtes. Qui feront l’objet d’indemnisations.
L’histoire de la réapparition du lynx dans le Jura dans les années 1970, puis de sa réintroduction dans les Vosges durant les années 1980 donne aussi à réfléchir. Ce fut au début une levée de boucliers, véhémente et parfois violente. La cohabitation avec le lynx avait du mal à passer. Aujourd’hui, le lynx ne fait plus parler de lui. Un équilibre a été établi.
Mais c’est le loup qui conserve le mauvais oeil. Et pendant que nous cherchions tous un peu de soleil, au mois d’août, pouvoirs publics, éleveurs et représentants des associations se sont réunis, sous la houlette de la secrétaire d’État à l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, afin d’élaborer un plan d’action pour le loup de 2008 à 2012. La (nouvelle) principale préoccupation étant de mettre en oeuvre les moyens nécessaires à l’accompagnement de la sortie du loup de son bastion alpin.
Des loups bientôt en Sologne, dans le Massif central, ou en Bretagne ? Ce n’est pas impossible. Mais le loup a beau être un grand marcheur, il n’a pas encore de bottes de sept lieues. Et il n’est pas aussi méchant que veut nous le faire croire le Petit Chaperon rouge.
Chronique de Jean-Luc Nothias. Publié le 05 septembre 2007 dans Le Figaro.

