Bad-Reichenhall
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Un monument avait été érigé sur le lieu de l'exécution, dans la clairière du Kugelbach à Karlstein, à l'initiative d'anciens combattants allemands, dont Franz Schönhuber. Ils avaient eu toutes les autorisations pour ce faire.
Tous les ans, au mois de mai, avait lieu une commémoration où beaucoup de vétérans français et allemands étaient présents. Même en dehors de cette période, ce lieu était souvent visité. Depuis quelques années, on constatait une diminution naturelle de vétérans et inversement une augmentation de la présence de jeunes (Français, Allemands, Autrichiens, Italiens...). Les autorités bavaroises - autrement dit la CSU, parti chrétien et "de droite" - se sont mises à considérer qu'il ne s'agissait plus d'une commémoration, mais d'une "manifestation politique d'extrême droite", et ont décidé la démolition du monument et le rasage du lieu. Selon certaines sources, cependant, l'administration bavaroise aurait fait démonter proprement le monument et aurait l'intention de le remettre aux Vétérans en mai 2008.
[modifier] Texte à l'appui
8 mai 1945 : un crime de guerre impuni : Bad Reichenhall
Texte publié sur le site internet Club Acacia
Le 8 mai 1945, la guerre est terminée en Europe. L’Allemagne à genoux est terrassée par les deux matérialismes alliés.
Contre les lois de la guerre, contre les lois de l’honneur, le général Leclerc fera fusiller ce jour douze volontaires français partis combattre le bolchevisme.
Les douze hommes s’étaient rendus sans résistance. Ils seront assassinés sans jugement.
Le récit du crime de guerre de Bad Reichenhall par Jean Mabire (Mourir à Berlin, Librairie Arthème Fayard, 1975)
Dans les premiers jours du mois de mai 1945, une douzaine de SS français se rendent sans combat aux troupes américaines. Certains appartiennent au régiment Hersche, comme l'Ostuf Krotoff. D'autres sortent des hôpitaux, comme en témoigne la fiche d'évacuation qu'ils portent sur leur uniforme. Le lieutenant Briffault, un ancien de la LVF, n'a pas servi dans la Waffen SS et s'est retiré avec I'état-major du PPF, sur les bords du lac de Constance. Les Américains internent les Français avec des prisonniers allemands dans la caserne des chasseurs de montagne de Bad Reichenhall. Le 6 mai 1945, des éléments de la 2e division blindée du général Leclerc, poursuivant leur avance en Bavière, occupent la petite ville. En apprenant que leurs gardiens vont être relevés par des gaullistes, les SS français décident de s'évader. Ils réussissent à franchir la clôture de la caserne; et parviennent dans un petit bois qui se trouve à proximité. Mais leur fuite est rapidement découverte. Ils sont encerclés par deux compagnies de la 2e D.B. et placés sous surveillance. Contrairement à ce qui a été longtemps affirmé, le général Leclerc vint s'entretenir en personne avec eux, comme en témoignent Ies photographies prises par un correspondant de guerre.
Comme il leur reproche d'avoir revêtu l'uniforme allemand, les prisonniers rétorquent qu'il porte lui-même un uniforme américain. Le général Leclerc, devant cette « attitude insolente », décide de faire fusiller les douze SS français.
Il n'y aura aucun jugement d'un tribunal militaire, même improvisé. L'exécution ne doit laisser aucune trace et certains des fusillés seront même recherchés plus tard par les autorités judiciaires... Le général Leclerc accordera seulement aux condamnés l'assistance d'un prêtre catholique.
L'exécution aura lieu, par trois groupes de quatre hommes, le 8 mai 1945, le jour même de la fin de la guerre, alors que les combats ont partout cessé en Allemagne.
Dans l'après-midi, les douze prisonniers sont conduits en camion jusqu'à Karlstein, ou plus exactement au lieu-dit Ruglbach ou Kugelbach. L'une des victimes a soif mais on refuse de lui donner une goutte d'eau. Lorsqu'il est annoncé qu'on les fusillera en leur tirant dans le dos, les prisonniers protestent violemment et demandent le droit de se tenir en face.
Le père Maxime Gaume, ancien missionnaire au Dahomey et aumônier dans la division Leclerc, est le seul témoin actuellement connu de l'exécution. Son témoignage a été communiqué aux familles des victimes identifiées et reproduit dans le numéro spécial de la revue Historia consacré à la SS internationale:
«Après que la décision eut été prise à I'état-major de la division de fusiller les prisonniers sans jugement, le père Fouquet, aumônier divisionnaire, me donna I'ordre d'assister ceux-ci dans leurs derniers moments. Le jeune lieutenant qui reçut l'ordre de commander le peloton d'exécution n'appartenait d'ailleurs pas à mon unité et était complètement affolé d'avoir à exécuter un pareil ordre, se demandant même s'il n'allait pas refuser d'obéir. II résolut alors de faire au moins tout ce qui était en son pouvoir pour adoucir les derniers instants des victimes - et communia même avec eux avant l'exécution. Un seul refusa les secours de la religion; trois d'entre eux déclarèrent n'avoir aucun message à faire transmettre à leur famille. La fusillade se fit en trois fois: par groupe de quatre, de sorte que les derniers virent tomber leurs camarades sous leurs yeux. Tous refusèrent d'avoir les yeux bandés et tombèrent bravement aux cris de « Vive Ia France». Conformément aux instructions reçues, je laissai les corps sur place. Les corps demeureront sur le terrain et seront enterrés seulement trois jours plus tard par des soldats américains. C'est alors que les noms des fusillés sont inscrits sur des croix de bois qui disparaîtront par la suite. »
Les habitants d'une ferme située à proximité se rappellent très bien de I'affaire mais ils ne pourront donner aucun renseignement précis : ils avaient bien compris ce qui se passait lorsqu'ils remarquèrent les préparatifs, mais ils se cachèrent ensuite, ne voulant pas être témoins d'une affaire dont ils redoutaient les suites désagréables.
Le 6 décembre 1948, une enquête est cependant entreprise, à la demande de la famille d'un des fusillés.
Mais elle ne donne encore aucune précision en ce qui concerne la capture et l'attitude des victimes, ainsi que les circonstances de leur mort. Enfin, le 2 juin 1949, on exhumera les cadavres de la clairière de Karlstein. Ils seront alors placés dans le cimetière communal de Sankt Zeno, à Bad Reichenhall. La tombe commune se trouve encore là aujourd'hui, exactement dans « Gruppe 11, Reihe (rangée) 3, n° 81 et 82».
Bad Reichenhall : Fusillés sans jugement
Un article d'Historia consacré aux fusillés de Bad Reichenhall.
Douze SS français, faits prisonniers par la 2e D.B., seront fusillés sans jugement, le 8 mai 1945, jour même de la capitulation allemande et de la fin des combats. Le général Leclerc a tenu à s'entretenir lui-même avec les hommes qu'il va faire exécuter quelques heures plus tard et dont il se plaindra de l'"attitude insolente". Parmi ces douze fusillés, seuls trois officiers ont été identifiés (photo de gauche). De gauche à droite : Obersturmfuhrer Krotoff, ancien officier de marine marchande d'origine russe, chef de la compagnie PAK du bataillon lourd en Poméranie ; lieutenant Briffault, engagé à la LVF en 1943, blessé sur le front de l'Est et démobilisé à la fin de l'année 1944 sans avoir été muté à la Waffen SS ; Umtersurmführer Daffas, ancien adjudant-chef du 3e bataillon de la LVF, et attaché ensuite à l'état major du régiment 58 de la Division Charlemagne.
Fusillés sans jugement
Le 7 mai 1945, jour de la signature à Reims de la capitulation allemande, la 2e DB du général Leclerc prit à Bad Reichenhall et dans les bourgs environnant la relève d'unités américaines.
Le lendemain, vers 17 heures, des feux de salves crépitèrent du côté de Karistein. Exercice de tir ? Fuyards allemands tentant d'échapper à la capture ?
Un rumeur se répandit et circula bientôt à Bad Reichenhall. Des Français portant l'uniforme allemand auraient été fusillés par des soldats de la 2e DB.
Ces bruits se confirmèrent. Douze cadavres gisaient dans une clairière, près de Karlstein au lieu dit Kugelbach. Ils y restèrent trois jours puis furent enterrés sur place par des Américains cantonnés dans les environs.
Exhumés le 2 juin 1949, ils furent transférés au cimetière municipal Saint-Zeno de Bad Reichenhall où ils reposent aujourd'hui dans la tombe 81-82, groupe 11, troisième rangée.
On ne put identifier avec certitude que quatre victimes : Le sous-lieutenant Briffault, né à Hanoï le 8 août 1918, domicilié à Nice. Il appartenait à la Wehrmacht. Le lieutenant Serge Krotoff, qui avait commandé une compagnie lourde de la Sturmbrigade Frankreich. L'adjudant-chef ou sous-lieutenant Doffat, du 58e régiment de la SS Charlemagne et le SS Grenadier Raymond Payras, passé du STO à la Charlemagne.
Ces douze hommes provenaient en majorité de la SS. D'après ce qu'on a pu savoir la plupart d'entre eux étaient des convalescents. Ils avaient tout récemment quitté l'hôpital et s'étaient rendus aux Américains. Enfermés à la caserne des chasseurs de montagne de Bad reichenhall, ils semblent s'être évadés à l'annonce de la relève des Américains par des troupes gaullistes. Quelques heures après, deux compagnies de la 2e DB les retrouvèrent et les ramenèrent à Bad Reichenhall. C'est alors sans aucun doute qu'ils furent mis en présence du général Leclerc (voir photos ci-contre).
Il communie avec les victimes avant de commander le feu.
Selon les déclarations embarrassées du père Fouquet, faites longtemps après à une des familles, les SS français se seraient montrés arrogants. A un officier qui leur reprochait d'avoir endossé l'uniforme "boche", l'un d'eux aurait rétorqué :
- Vous portez bien l'uniforme américain !
La suite a été rapportée par le père Maxime Gaume, servant à la 2e DB, seul témoin oculaire connu de l'exécution. Il avait été désigné pour assister les condamnés. Neuf des victimes lui remirent avant de mourir des lettres pour leur famille. Le père Gaume put les transmettre en janvier et février 1946. Il donna en particulier à Mme Briffault deux petites photos où l'on voyait les douze Français sur les lieux de l'exécution.
L'une des familles sollicite son témoignage dans le but de faire établir un acte de décès. Voici sa déclaration. Elle nous paraît digne de foi :
"Après que la décision eut été prise à l'état-major de la division de fusiller les prisonniers sans jugement, le père Fouquet, aumônier divisionnaire, me donna l'ordre d'assister ceux-ci dans leurs derniers moments. Le jeune lieutenant qui reçut l'ordre de commander le peloton d'exécution n'appartenait d'ailleurs pas à mon unité et était complètement affolé d'avoir à exécuter un pareil ordre, se demandant même s'il n'allait pas refuser d'obéir. Il résolut alors de faire au moins tout ce qui était en son pouvoir pour adoucir les derniers instants des victimes et communia même avec eux avant l'exécution.
Les onze hommes avaient été amenés en camion de Bad Reichenhall où se trouvait l'E.M. de la 2e DB, jusqu'à Karlstein. Un seul refusa les secours de la religion ; trois d'entre eux déclarèrent n'avoir aucun message à faire transmettre à leur famille.
La fusillade se fit en trois fois : par groupe de quatre, de sorte que les derniers virent tomber leurs camarades sous leurs yeux. Tous refusèrent d'avoir les yeux bandés et tombèrent bravement aux cris de "Vive la France". Parmi les quatre derniers se trouvaient le lieutenant Briffaut et, probablement le soldat Payras. Conformément aux instructions reçues, je laissai les corps sur place, mais je m'adressai à des soldats américains cantonnés dans les environs, leur recommandant d'enterrer les corps, ce qui fut fait quelques jours plus tard."
Qui avait donné l'ordre ?
Le père Fouquet aurait déclaré à une des familles que la décision semblait avoir été prise par un officier de l'état-major de la 2e DB à l'issue d'une conversation avec le général Leclerc.
X.R.
[modifier] Bibliographie
- Charles E. Boch, Le guet-apens de Bad Reichenhall, La diffusion du Lore, 2008
- Jean Mabire, Mourir à Berlin, Librairie Arthème Fayard, 1975


