Nayib Bukele
Nayib Bukele Ortez, dit Nayib Bukele, né le 24 juillet 1981 à San Salvador, est un homme politique salvadorien. Il est président de la république depuis le 1er juin 2019.
Biographie
Nayib Bukele est issu d'une famille d'origine palestinienne et catholique, immigrée en Amérique au début du XXe siècle. Son père Armando s'est toutefois converti à l'Islam, par ailleurs docteur en chimie et devenu industriel (textiles, pharmaceutique, publicité). A son décès en 2015, son fils Nayib interrompt ses études de droit pour reprendre la gestion des entreprises.
Ayant hérité de son père des idées proches du FMLN[1] devenu un parti politique légal de gauche, Nayib Bukele entre en politique en 2012 aux côtés de ce parti. Il est d'abord élu maire de Nuevo Cuscatlán, une ville de la banlieue de San Salvador, où il mène un politique sociale efficace en faveur des défavorisés, tout en dénonçant la corruption ambiante, y compris au sein de son propre parti. Il résout entre autres le problème de l'eau courante, dont cette ville était privée depuis toujours, en découvrant un nouveau puit.
En raison de sa popularité, le FMLN le présente à la candidature pour la mairie de San Salvador, la capitale du pays, en 2015. Il est élu et mène à nouveau une politique urbaine dynamique et efficace.
Toutefois, les tensions entre Bukele et son parti, qu'il accuse d'avoir trahi ses idéaux sociaux, s'accentuent au point qu'en 2017 il fait l'objet d'une mesure d'exclusion. Il fonde alors son propre parti Nuevas Ideas, qu'il présente comme une alternative « antisystème » aux deux grands partis qui monopolisent le pouvoir depuis 30 ans, l'ARENA libérale-conservatrice et le FMLN.
Il axe son programme sur la lutte contre la pauvreté, la violence et la corruption. Il proclame notamment : « il y a assez d'argent quand personne ne le vole ». Ne pouvant pas inscrire à temps son parti pour les élections suivantes, il adhère au GANA (Gran Alianza por la Unidad Nacional), une dissidence de centre-droite de l'ARENA.
En février 2019, il remporte haut la main les élections présidentielles avec 53% des voix dès le premier tour.
Dès son arrivée au pouvoir il lance son plan pour sécuriser le pays. Il résume son projet politique en deux mots : éradiquer les gangs et améliorer l’économie du pays.
En 2024, il est réélu dès le premier tour avec 84,65%, et son parti Nouvelles Idées, remporte dans la foulée, 54 des 60 sièges de l’Assemblée salvadorienne, lui assurant la majorité absolue dont il ne disposait pas entre 2022 et 2024..
Dès 2019, par un plan « de contrôle territorial » visant à confier à l’armée des tâches de sécurité publique, il va réussir à faire baisser les homicides, dans un pays où le taux d’homicides est alors l’un des plus élevés du monde. Ce pourcentage passe ainsi de 51 pour 100 000 en 2018, à 2,5 pour 100 000 en 2023, et ce par une politique sécuritaire qui se révèle particulièrement efficace. Grâce à un régime d’exception salutaire, près de 70 000 criminels seront arrêtés en 2023, faisant du Salvador l’un des pays avec le plus haut taux de détention au Monde.
Haï par toutes les gauches et extrême gauches du monde, il leur rétorque, le 1er juin 2025, lors d’un discours à la Nation : « Je me fiche qu’on me traite de dictateur, je préfère qu’on me traite de dictateur plutôt que de voir tuer des salvadoriens dans les rues ».
Notes et références
- ↑ Front Farabundo Martí de libération nationale, mouvement politique salvadorien, fondé le 10 octobre 1980 en fédérant différents groupes marxistes prônant ou pratiquant déjà la lutte armée. Il mène une guerre de guérilla contre le gouvernement, de 1979 (pour la plupart de ses composantes) jusqu'en janvier 1992. Un accord de paix est signé à Mexico le 16 janvier 1992. Le 23 mai, le FMLN devient un parti politique légal.