Carlyle

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Thomas Carlyle (1795-1881) est un écrivain, satiriste et historien britannique.


Biographie

Originaire d'une famille calviniste stricte, Carlyle se destine au métier de pasteur. C'est lors de ses années à l'Université d'Édimbourg qu'il perd la foi. Il conserve cependant tout au long de sa vie les valeurs que lui ont inculquées ses parents. Cette synthèse d'un tempérament religieux et d'une foi chrétienne perdue contribue à rendre le travail de Carlyle — comme en France celui de Renan — intéressant aux yeux de nombre de ses contemporains, qui à l'époque sont aux prises avec des changements scientifiques et politiques menaçant l'ordre social établi.

En 1837, il publie une Histoire de la Révolution française, une œuvre littéraire et historique de grande qualité qui aura une influence profonde et durable sur la culture anglaise.

Thèses

Carlyle polémique contre l'esprit du temps, l'utilitarisme manchesterien ( « Ce n'est pas que la cité de Manchester soit devenue plus riche, c'est que sont devenus plus riches quelques uns des individus les moins sympathiques de la cité de Manchester ») ou l'humanitarisme de Mazzini ( « Qu'est-ce que c'est que toutes ces sottises à l'eau de rose ?  »). Il cherche dans les héros la clé de l'histoire et interprète la démocratie comme une éclipse temporaire de l'esprit héroïque[1].

Sa conception et son explication de la Révolution française est totalement novatrice dans l'École de pensée contre-révolutionnaire. En effet, il fait du peuple de Paris, et non plus des élites révolutionnaires le seul et véritable acteur de la Révolution française. Il ne conçoit pas la Révolution comme le résultat d'un complot, mais comme l'avènement des inférieurs et le règne de la populace.

Ses thèses sont donc fondamentalement différentes de celles de Barruel et de Burke. De plus, Carlyle n'éprouve que peu de sympathie pour la société d'Ancien régime. En revanche, il rejoint les contre-révolutionnaires qui le précèdent par sa profonde condamnation des principes de la Révolution. Sa critique de la Révolution française vise à susciter chez son lecteur un profond dégoût à l'égard de cet événement historique ; la mise en avant des images de la foule sanguinaire, la description des scènes d'horreur provoquées par la populace visent à alerter sur les dangers d'un nouveau sans-culottisme.

Par ailleurs, dans un autre essai, « An Occasional Discourse on the Negro Question » (« -- on the Nigger Question » dans une seconde édition), il défend l'esclavage et critique sévèrement les abolitionnistes.

Œuvres

  • Novalis, 1829; Traduction française : Étude sur Novalis, Stalker Éditeur, 2008.
  • Les héros [« On Heroes and Hero Worship and the Heroic in History »] (trad. François Rosso), Maisonneuve & Larose, coll. « Les trésors retrouvés de la Revue des deux mondes », 1841 (réimpr. 1998), 317 p. * Signs of the Times, 1829
  • Sartor Resartus (ou La philosophie du vêtement), 1831
  • The French Revolution : A History, 1837
  • Past and Present, 1843
  • 'Oliver Cromwell's letters and speeches, with elucidations, éd. par Thomas Carlyle, 3 vol., 1845
  • John Morrill, Textualizing and Contextualizing Cromwell, in Historical Journal, 1990 no 33/3, p. 629-639
  • An Occasional Discourse on the Nigger Question, 1849
  • Latter-Day Pamphlets, 1850
  • The Life Of John Sterling, 1851
  • History of Friedrich II of Prussia, 1858
  • Nouveaux Essais choisis de critique et de morale du genre biographique, traduction de Barthélemy Edmond, 2e éd., Paris, Mercure de France, 1909.
  • Le Comte de Cagliostro, texte français de George A. Garnier, Egloff, Fribourg, 1945.

Notes et références

  1. Adriano Romualdi, « La culture de droite entre imposture et authenticité », in : Philippe Baillet, De la confrérie des Bons Aryens à la nef des fous : pour dire adieu à la droite radicale française, Saint-Genis-Laval, Éditions Akribeia, 2018 (ISBN 2-913612-69-5 et 978-2-913612-69-3), p. 7-70, p. 18.