Deutschland erwache
Un article de Metapedia.
[modifier] Histoire de la chanson
Ce poème de Dietrich Eckart fut mis en musique par Hans Gansser et adopté comme chant officiel des SA en 1922. Ami d'Adolf Hitler (alors un agitateur presque inconnu), Dietrich Eckart avait fondé une publication intitulée Auf gut deutsch (En bon allemand), au fort antisémitisme, dont le premier numéro parut le 7 décembre 1918. En 1921, ce journal devint le Völkischer Beobachter (L’Observateur du peuple).
En 1919, Eckart avait publié dans cette revue un poème intitulé Feuerjo. En 1922, quand les SA lui demandèrent un chant de combat, il reprit ce poème en le faisant précéder d’une strophe supplémentaire. Le chant fut chanté pour la première fois lors du congrès du NSDAP en 1923 (avant le putsch avorté à Munich avec Ludendorff).
En allemand, le mot Sturm (répété six fois en tête de chaque strophe !) signifie aussi bien « tempête » qu’« assaut » (au sens guerrier). Les SA sont eux-mêmes les Sections d’assaut (Sturm Abteilungen). L'avant-dernier vers de la première strophe n'est pas sans évoquer toute une littérature réactionnaire dont on retrouve des échos en France autant chez un Barrès (« l'énergie nationale ») que chez un George Vacher de Lapouge (« Malheur aux peuples qui s’attarderont dans les rêves »).
Avec le cri « Allemagne, réveille-toi ! », Eckart avait trouvé une formule-choc pour toucher l’inconscient collectif du peuple allemand humilié et révolté par le Diktat de Versailles. Elle contribue à propager le mythe du Sauveur uni à son peuple par un lien mystique par-delà toute prise de conscience rationnelle. C'est pourquoi cette stratégie de séduction emprunte beaucoup à la vague ambiante du « néo-romantisme » (survivance de la tradition romantique) qui nourrit alors un nationalisme revanchard : exaltation de l'instinct, négation de la mort[1], refuge dans la rêverie héroïque, retour à la terre. Cette mythification-idéalisation prétend incarner « l'âme du peuple » (Volkseele), elle ressort d'une esthétisation de la politique qui recycle à cet effet nombre d'éléments de l'imaginaire collectif que relèvent ces lignes laudatives d'un commentateur récent : « …le mot d’ordre du national-socialisme ‘Deutschland, erwache !’… est quelque chose de plus qu’un appel au combat : il se rattache autant à la mythologie germanique (la walkyrie Brünehilde endormie et réveillée par le baiser du héros Siegfried) qu’aux connotations initiatiques du réveil entendu comme changement d’état de conscience. » (Ernesto Milà, Nazisme et ésotérisme, 1990). On peut aussi penser au mythe germanique de « l’empereur endormi » dans la caverne, qui lui aussi attend son « éveilleur ».
- Notes :
- ^ Cf. sur l'utilisation de ce thème l'article d'E. Conte "Épouser un héros mort"
[modifier] Paroles
- A l’assaut, à l’assaut, à l’assaut, à l’assaut, à l’assaut, à l’assaut !
- Sonnez les cloches de tour en tour !
- Sonnez jusqu’à ce que les étincelles jaillissent,
- Juda paraît pour conquérir le Reich,
- Sonnez jusqu’à ce que les cordes soient rouges de sang,
- Tout autour règnent l’incendie, la torture, le meurtre,
- Sonnez l’assaut jusqu’à ce que la terre se dresse
- Sous le tonnerre de la vengeance salvatrice !
- Malheur au peuple qui aujourd’hui rêve encore !
- Allemagne, réveille-toi, réveille-toi !
- A l’assaut, à l’assaut, à l’assaut, à l’assaut, à l’assaut, à l’assaut !
- Sonnez les cloches de tour en tour !
- Sonnez les hommes, les vieillards, les enfants,
- Sonnez les dormeurs pour qu’ils sortent de leurs chambres,
- Sonnez les jeunes filles pour qu’elles descendent les escaliers,
- Sonnez les mères pour qu’elles quittent les berceaux !
- Il faut que l’air gronde et hurle,
- Qu’il se déchaîne, dans le tonnerre de la vengeance,
- Sonnez les morts pour qu’ils sortent de leurs tombes !
- Allemagne, réveille-toi, réveille-toi !

